Emilie Antoine - psychologue

Fatalisme ou confiance en Son destin, de quelle insouciance êtes-vous porteur ?

Fatalisme ou confiance en Son destin, de quelle insouciance êtes-vous porteur ?

Fatalisme ou confiance en Son destin, de quelle insouciance êtes vous porteur ?

 

Selon les personnalités, les traits de caractères, le vécu et les entourages de chacun, nous avons tendance à investir la sphère de l’insouciance de manière plutôt positive ou négative, profitable ou nuisible: dans cet article nous allons proposer d’analyser cette ambiguïté de sens qui émane de la notion d’insouciance.

 

Faire attention à l’insouciance qui ronge

On remarque que les personnes plutôt anxieuses, pessimistes et passives vivent plutôt l’insouciance comme une tare. Précisément elles subissent leur vie plus qu’elles ne la construisent.

Tantôt elles ne se soucient de rien, n’agissant ni pour leur compte ou celui des autres, il est ainsi parfois facile de se laisser aller à l’oisiveté comme si demain n’était fait de rien. Ce type d’insouciance peut être pesant pour l’entourage de la personne qui peut se sentir dénier dans sa propre existence.

 

Eviter l’insouciance toxique pour la société

Un autre type d’insouciance toxique pour autrui réside en une fâcheuse habitude de compter toujours sur son entourage pour accomplir ses propres tâches. Demander à sa mère de faire ses papiers administratifs, exiger de son frère qu’il se charge de l’entretien de notre voiture, attendre d’une amie qu’elle soit toujours là pour soi quand on ne fournit aucun effort pour se booster soi même, témoignent d’une incapacité à se prendre en main et d’une insouciance qui, épuise peu à peu, et de manière assez perverse l’entourage.

Pire encore, la propension à l’assistanat prend des proportions dramatiques en des échelles sociétales. Effectivement « ne se soucier de rien » peut également naitre d’un manque de responsabilité vis à vis, certes, de son entourage et de sa famille, mais également de la société. Combien se repose sur les assurances de minima sociaux sans même sortir de chez eux pour tenter de prendre leurs responsabilités. C’est en partie l’insouciance vis à vis du fait que les causes matérialisées dans nos actions représentent une part obligatoire de la pratique du croyant et de la croyante, qui provoque ce comportement. Dans la même veine un découragement, une démission psychologique vis à vis de son sort ou d’une situation peut amener à se désengager et de désintéresser jusqu’à s’installer dans l’assistanat. Pourtant le croyant ne peut se désespérer d’une situation tant il est vrai que c’est Ar-Razzaq, Celui qui subvient aux besoins, qui fait parvenir la subsistance en lien avec une cause comme l’agriculture, le commerce, l’industrie ou le service qui sont autant de moyens par lesquels il nous a été donné de gagner notre vie.

 

Le fatalisme est un état d’insouciance nuisible

Qui n’a jamais entendu ou même vécu ces moments de doute profond où l’on a le sentiment que l’on « y arrivera jamais, (et que) c’est comme ça c’est le destin ». Sous des airs d’acceptation de la destinée se profilent souvent des symptômes fatalistes et démissionnaires qui témoignent davantage d’un trait de pessimisme. « Tout le monde finit par divorcer » ; la personne fataliste peut inconsciemment rassembler tout un tas de croyances et de convictions susceptibles de confirmer sa ‘prédiction’ de départ. Complètement insouciante de l’espoir en Celui qui ouvre les portes de Ses faveurs, Al-Fattah, elle vous parlera du nombre horrifiant de divorce et de sa voisine qui s’est` aussi’ séparée et vous poussera à douter pour vous même du bienfait d’une éventuelle union allant jusqu’à ajouter « c’est le destin ! ». Combien est nocif, celui qui emploie un vocabulaire d’une part tout en y collant une toute autre signification ensuite.

 

L’insouciance du but de l’existence

Perdant de vue qu’Al-Khaliq, le Créateur a mis sur terre l’être humain uniquement pour simplement l’adorer, on s’éloigne de la simplicité de l’adoration en recourant à des excès de grandeur que même les Prophètes n’avaient pas.

La société télévisuelle, médiatique et consumériste nous pousse au besoin de reconnaissance que les insouciants justifient parfois par des aspirations religieuses et humanistes. Mais le but de l’existence est simple, il suffit d’adorer Al-Kabir. Le Grand, qui est en parfaite capacité et en gloire totale. Effectivement s’attribuer de trop grands buts et de trop grandes missions peut pousser l’insouciant à une rigueur et un perfectionnisme malsain qui peut le plonger dans l’immobilisme psychologique et physique car il s’accule de grandeurs dont Seul Al-Kabir est capable. Il suffit pourtant au croyant de se soumettre aux ordres universelles et religieux pour baigner dans l’adoration. Ainsi s’acquitter de la prière en son heure, mettre un carré de chocolat dans la bouche de son épouse, nettoyer le domicile familial, embrasser ses parents, saluer ses coreligionnaires, porter la barbe, être patient, humble, aimable et reconnaissant sont autant de choses aisées qui permettent de réaliser l’objectif ultime de sa vie à savoir l’adoration.

 

Replacer le curseur de l’insouciance en son versant positif

« Je connais une sœur, elle ne trouve pas de travail mais elle dit qu’elle invoque beaucoup Son Seigneur pour qu’Il lui donne sa subsistance, est-elle insouciante ? » Ici ce n’est pas d’insouciance nocive dont il est question mais bien de confiance en Son Créateur. La sœur a essayé les causes, elle est incapable de subvenir à son besoin mais elle investit son capital de confiance uniquement vers Ar-Razaq, qui peut lui faire parvenir une subsistance et une délicatesse suite à une invocation exaucée en cas de détresse. Sa compréhension et son mécanisme d’insouciance sont alors tout autres. Son insouciance est positivée et productive, elle lui apporte une véritable sérénité d’esprit. Elle connaît Al-Mujib, Celui qui répond aux appels de Ses serviteurs, elle est donc en pleine conscience d’un de Ses noms.

 

Comment ne plus être happé par l’insouciance

Montrer des signes d’insouciance est inhérent à notre condition d’être humain, nous commençons notre vie en étant bercé par une figure protectrice et bienveillante sans avoir à nous soucier de quoi que ce soit. De sorte qu’adulte, nous avons tendance à perpétuer ce mécanisme de lâcher-prise. Pour le vivre sainement, il s’agit de le traduire adulte en un versant positif et positivé qui nous permette d’être serein et de faire vivre à notre entourage un quotidien sécurisant.

Se souvenir des grâces qui nous entourent, s’enquérir de la bonne compagnie qui nous responsabilise, s’éloigner des choses futiles et toxiques qui nous font perdre de vue le but ultime de notre existence sont autant de moyens permettant de positiver ce bon vieux mécanisme de l’insouciance.

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Emilie Antoine

Comments ( 2 )

  • MISSY

    Excellent article

    • Emilie Antoine

      Contente qu’il vous ait plu, merci 🙂

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